Symboles

La montagne comme symbole : élévation, épreuve, ancrage

Publié le 30 août 2023

Je ne suis pas montagnarde. Je viens de Nantes, la mer me parle plus naturellement que les sommets. Et pourtant j'ai toujours été fascinée par ce que la montagne représente dans nos imaginaires collectifs, cette idée d'obstacle qu'on gravit pour se prouver quelque chose.

Le lieu où on rencontre le sacré

Presque toutes les grandes traditions religieuses placent leurs révélations sur des sommets. Moïse reçoit les tables de la loi sur le mont Sinaï. L'Olympe abrite les dieux grecs. Le mont Fuji est sacré au Japon, le mont Kailash pour plusieurs religions asiatiques à la fois. La montagne semble être, dans l'inconscient collectif, l'endroit où la terre touche presque le ciel, un point de passage entre l'humain et quelque chose de plus grand.

Élévation et épreuve, indissociables

On ne monte jamais une montagne sans effort. C'est précisément ce qui fait sa force symbolique : elle représente l'ambition, le dépassement de soi, mais toujours couplés à la difficulté, à la fatigue, parfois au danger réel. Contrairement à d'autres symboles plus légers, la montagne ne promet rien de facile. Elle exige.

Ce que sa présence évoque dans votre vie

Rêver de montagne, ou sentir qu'elle s'impose à vous comme image récurrente, parle souvent d'un défi que vous sentez venir ou que vous traversez déjà. Grimper facilement dans un rêve suggère qu'on se sent capable ; être bloqué à mi-pente, incapable d'avancer ni de reculer, dit autre chose, une impasse, un projet qui stagne, une peur qui vous cloue sur place.

Un souvenir personnel

J'ai fait une seule vraie randonnée de montagne dans ma vie, dans les Pyrénées, avec une amie bien plus sportive que moi. Je me souviens surtout d'avoir eu envie d'abandonner à mi-parcours, et de cette phrase qu'elle m'a dite, presque agacée : la montagne ne descend pas plus vite parce que tu pleures. C'est bête, mais cette phrase m'a suivie depuis, bien au-delà de la randonnée elle-même. La montagne ne négocie jamais avec nos états d'âme.

Le revers de l'ambition

On glorifie beaucoup l'idée de gravir sa montagne personnelle, dans les discours de développement personnel notamment, et je trouve ça parfois un peu fatigant. Tout le monde n'a pas besoin ni envie de sommet. Il y a une forme de sagesse aussi dans le fait de rester en vallée, de choisir un terrain plus doux, sans que ce soit un échec ou un renoncement. La montagne comme symbole d'accomplissement ne devrait pas devenir une injonction supplémentaire à toujours viser plus haut, quitte à s'épuiser en chemin.

À bientôt, pour une nouvelle signification.
— Olivier