Symboles

Chat noir : pourquoi ce symbole divise autant

Publié le 18 septembre 2023

Un chat noir a traversé la route un jour où je passais mon permis. J'ai réussi l'examen. Je le raconte à chaque fois qu'on me parle de superstition, juste pour rappeler que les croyances populaires ne prédisent rien de fiable, elles ne font que colorer nos souvenirs après coup.

Une réputation qui vient de loin

Le chat noir traîne une mauvaise image depuis le Moyen Âge en Europe, période où on l'associait aux sorcières, à la nuit, au diable lui-même sous certaines croyances. On en a tué des milliers, littéralement, pendant les grandes vagues de chasse aux sorcières, ce qui a d'ailleurs eu des conséquences bien réelles : moins de chats, plus de rats, et donc probablement une propagation plus facile de certaines épidémies. L'histoire de ce symbole n'est pas qu'anecdotique, elle a eu des effets concrets terribles.

Ailleurs, une tout autre histoire

Au Japon, le chat noir porte chance, en particulier pour les femmes célibataires qui souhaitent trouver l'amour. En Écosse, un chat noir qui arrive chez soi annonce la prospérité. Chez les marins britanniques, garder un chat noir à bord portait bonheur, et leurs épouses en adoptaient parfois un à la maison pour assurer un retour sans encombre. Le même animal, la même couleur, et des interprétations diamétralement opposées selon la géographie.

Ce que ça dit de nous, plus que du chat

Je trouve ce contraste très révélateur. Le chat noir ne change pas de nature d'un pays à l'autre. Ce qui change, c'est notre rapport à l'inconnu, à l'obscurité, à ce qu'on ne maîtrise pas complètement. Le noir fait peur dans les cultures où on associe l'ombre au danger caché ; il rassure là où on y voit du mystère plutôt qu'une menace.

Ce que sa présence peut évoquer

Si un chat noir croise votre route, ou s'impose dans un rêve, je vous invite à laisser tomber la case bonne ou mauvaise chance, trop binaire pour être honnête. Il évoque plutôt l'indépendance, l'instinct, une forme de mystère qu'on n'a pas forcément besoin de percer. Le chat, noir ou pas, n'a jamais eu besoin de l'approbation de qui que ce soit pour exister comme il l'entend. C'est peut-être ça, au fond, la vraie leçon du symbole.

Ma position, sans détour

Je n'ai jamais changé de trottoir pour un chat noir et je ne compte pas commencer. Cette superstition-là me semble un vestige assez toxique d'une époque où on cherchait des boucs émissaires faciles, souvent des animaux, parfois des femmes accusées de sorcellerie parce qu'elles en possédaient un. La déconstruire me paraît plus utile que de la relayer, même par jeu.

Prenez soin de vos rêves.
— Olivier