Rêves

Voler en rêve : liberté, fuite ou juste du plaisir pur ?

Publié le 2 août 2023

Il y a une catégorie de rêves qu'on n'a pas envie de voir finir, et celui-là en fait clairement partie. On décolle sans effort, on plane au-dessus des toits, parfois on bat des bras comme des ailes, parfois on ne fait rien du tout et ça suffit. Beaucoup de gens me racontent ce rêve avec un sourire dans la voix, ce qui n'est pas si fréquent quand on parle d'interprétation des rêves.

Ce que la tradition en dit

Dans la plupart des lectures classiques, voler symbolise une forme de liberté retrouvée, un désir d'échapper à une contrainte, ou plus simplement une confiance en soi qui monte. On voit les choses de haut, on prend de la hauteur sur un problème, l'expression elle-même en dit long. Certains ouvrages plus anciens y voient carrément un rêve prémonitoire de réussite, ce qui me semble un peu too much, mais j'aime bien l'idée qu'il traduise un sentiment d'ascension, au sens propre comme au figuré.

D'autres lectures, plus psychanalytiques, associent le vol à une pulsion de fuite : on s'élève parce qu'on cherche à échapper à quelque chose au sol, une situation, une personne, une routine. Je trouve les deux versions plausibles, et pas franchement contradictoires, la liberté et la fuite se ressemblent souvent plus qu'on ne le pense.

La façon dont on vole compte

Voler haut et facilement, avec un ciel dégagé, n'a pas le même goût qu'un vol laborieux, près du sol, où on frôle les fils électriques et les toits en craignant de retomber. J'ai une amie qui rêve régulièrement qu'elle vole mais qu'elle n'arrive jamais à prendre assez de hauteur, comme freinée par quelque chose d'invisible. Elle traversait, au moment où elle m'en parlait, une période où elle voulait changer de métier sans oser sauter le pas. Je ne sais pas si le rêve causait ce blocage ou le décrivait juste, mais la coïncidence m'a marquée.

Un rêve qui flatte, peut-être trop

Il faut aussi accepter une chose moins poétique : voler en rêve est simplement agréable, sensoriellement. Le cerveau adore ça, un peu comme il adore les rêves où on mange ce qu'on veut sans grossir. Je ne suis pas certaine qu'il faille chercher un sens profond à chaque plaisir onirique, parfois le cerveau se fait juste un cadeau, sans message caché derrière.

Ce qui me semble plus intéressant, c'est de regarder ce qui se passe juste avant de décoller dans le rêve, et ce qu'on ressent en atterrissant, si atterrissage il y a. Un vol qui se termine en chute brutale raconte une tout autre histoire qu'un vol qui se pose en douceur sur une plage.

Ma conclusion, mesurée

Je ne pense pas qu'il existe une seule vérité pour ce rêve-là, et je me méfierais de quiconque vous l'affirme avec certitude. Ce que je peux dire, avec l'expérience, c'est que ce rêve revient souvent dans les périodes où on sent qu'une porte s'ouvre, ou qu'on aimerait qu'elle s'ouvre. À vous de voir laquelle, dans votre vie, cherche à s'entrouvrir.

À bientôt, pour une nouvelle signification.
— Olivier