Rêver qu'on tue quelqu'un : la violence qu'on ne s'autorise jamais éveillé
C'est probablement le rêve qui provoque le plus de culpabilité au réveil, tant l'acte semble en contradiction totale avec l'image qu'on a de soi. Je veux le dire avec la plus grande clarté possible, dès la première ligne : rêver qu'on tue quelqu'un ne signifie absolument pas qu'on en a envie dans la réalité, ni même qu'on est capable d'un tel acte.
Une colère qu'on ne s'autorise jamais consciemment
La lecture la plus solide associe ce rêve à une colère intense, souvent contenue depuis longtemps, envers la personne visée ou envers ce qu'elle représente symboliquement. Beaucoup de gens qui font ce rêve sont, dans la vraie vie, incapables d'exprimer la moindre once d'agressivité, même justifiée, le rêve devient alors l'unique espace où cette rage refoulée peut enfin trouver une sortie, sans conséquence réelle.
Tuer une part de soi-même
Il arrive que la victime, dans le rêve, incarne moins une personne réelle qu'une part de nous-même qu'on cherche à éliminer, une habitude, une croyance, une ancienne version de soi qu'on souhaite laisser derrière soi définitivement. Le meurtre devient alors une image de rupture radicale, presque libératrice.
Ne pas reconnaître la victime
Un scénario fréquent : la personne tuée reste floue, sans visage identifiable au réveil. Cette absence de reconnaissance suggère souvent que ce n'est pas un individu précis qui est visé, mais un symbole plus large, l'autorité, une contrainte, un système qu'on aimerait voir disparaître de sa vie.
Et si on reconnaît vraiment la victime ?
Quand le visage est clairement identifiable, je pense qu'il vaut la peine de se demander, honnêtement mais sans complaisance excessive, quelle colère non exprimée on porte envers cette personne, pas pour culpabiliser, mais pour envisager peut-être une conversation réelle qui permettrait de désamorcer cette tension autrement que par les rêves.
Une anecdote qu'on m'a confiée
Une lectrice m'a écrit, très gênée, qu'elle avait rêvé qu'elle tuait sa propre mère, envers qui elle n'avait pourtant, disait-elle, "aucune raison d'en vouloir". En creusant un peu ensemble, elle a réalisé qu'elle portait une colère ancienne, jamais exprimée, liée à des décisions prises pour elle durant son enfance. Le rêve ne révélait aucune monstruosité cachée, juste une émotion légitime qui n'avait jamais trouvé sa place.
Pour finir sur ce rêve
Je le répète avec insistance : ce rêve n'est pas un aveu de dangerosité. Il est, la plupart du temps, la preuve que vous portez une colère que vous ne vous autorisez jamais à exprimer éveillé, ce qui mérite d'être écouté, pas redouté.
Belle continuation, où que ce mot vous mène.
— Olivier