Rêves

Rêver qu'on tombe : ce que ça dit vraiment de nous

Publié le 2 août 2023

Je crois que c'est le rêve le plus partagé au monde, avant même celui des dents qui tombent. On tombe d'un immeuble, d'un escalier, d'une falaise qu'on n'a jamais vue de sa vie, et on se réveille en sursaut, le cœur qui cogne, parfois avec la sensation physique d'avoir vraiment chuté dans le lit. Ma grand-mère appelait ça "le rêve qui rattrape", allez savoir pourquoi.

La lecture la plus répandue, celle qu'on retrouve dans presque tous les petits guides depuis un siècle, c'est la perte de contrôle. On tombe dans le rêve quand on sent, éveillé, qu'une situation nous échappe : un travail qui déborde, une relation qui vacille, une décision qu'on a prise trop vite et qu'on ne maîtrise plus. Le corps endormi traduirait ce vertige psychologique en vertige tout court.

Une explication plus physiologique existe aussi

Il faut être honnête : il existe une explication qui n'a rien de symbolique. Ce qu'on appelle la myoclonie d'endormissement, ce petit sursaut musculaire qu'on a tous ressenti juste avant de sombrer, s'accompagne souvent d'une image de chute. Le cerveau invente une histoire pour justifier la sensation. Je le dis parce que je trouve malhonnête de prétendre que chaque rêve de chute cache un drame intérieur, parfois c'est juste de la mécanique neuronale, et c'est très bien comme ça.

Cela dit, quand la chute revient nuit après nuit, sur plusieurs semaines, je pense qu'il y a quelque chose à regarder. Pas forcément un traumatisme, mais une fatigue de fond, une charge mentale qu'on n'a pas nommée à voix haute.

Le contexte change tout

Une chute dont on rit, en rêve, ne raconte pas la même histoire qu'une chute dans le vide absolu, sans fond, sans fin. Tomber dans l'eau plutôt que sur du bitume adoucit souvent le sens : on retombe sur ses pieds dans la vie, quelque part. Tomber et se réveiller juste avant l'impact, c'est presque un cliché de film, mais c'est aussi ce que la plupart des gens rapportent, comme si l'inconscient nous épargnait la fin.

Je me souviens d'un printemps où j'ai fait ce rêve trois nuits d'affilée, à l'époque où je travaillais encore en librairie et où on m'avait mis une responsabilité que je n'avais pas demandée. Rien de dramatique, mais une pression sourde. Le rêve n'a rien résolu, évidemment, ce n'est pas un rêve qui règle les problèmes, mais il m'a mis le doigt dessus plus vite que moi-même.

Ce que j'en retiens, avec prudence

Je me méfie des interprétations toutes faites qui promettent une seule vérité pour tout le monde. Un rêve de chute chez quelqu'un qui vient de changer de ville n'a probablement pas le même poids que chez quelqu'un qui traverse un deuil. Le symbole est une porte d'entrée, pas une réponse automatique.

Si vous faites ce rêve régulièrement, je vous suggérerais simplement de noter, au réveil, ce qui vous pesait la veille. Pas pour trouver LA signification, mais pour voir si un fil se dessine avec le temps. C'est souvent plus parlant qu'un dictionnaire des symboles, aussi complet soit-il.

Prenez soin de vos rêves.
— Olivier