Rêver de la mort d'un proche vivant : le rêve qui terrifie sans raison
Il y a un genre de rêve qui vous poursuit toute la matinée, même après le café, même en pleine lumière du jour : celui où un proche encore bien vivant meurt sous nos yeux, ou dont on apprend la mort dans le rêve. On se réveille en larmes, parfois en train de composer déjà son numéro pour vérifier que tout va bien. Je veux le dire d'emblée, avec toute la clarté possible : ce rêve n'a, à ma connaissance et selon tout ce que j'ai pu lire sur le sujet, aucune valeur annonciatrice.
La peur de perdre, pas l'annonce d'une perte
La lecture la plus courante, et la plus rassurante à mon sens, associe ce rêve à la peur de perdre cette personne, une peur parfaitement normale, surtout si elle est âgée, malade, ou simplement très centrale dans notre vie affective. Le rêve ne prédit rien : il exprime une inquiétude qu'on porte déjà, éveillé, souvent sans même s'en rendre compte tant elle est devenue familière.
Il arrive aussi que ce rêve traduise une angoisse de séparation plus large, pas nécessairement liée à la mort physique : peur qu'une relation change, s'éloigne, se transforme au point de ne plus ressembler à ce qu'elle était. La mort, dans le langage du rêve, est souvent une métaphore de fin ou de transformation plutôt qu'un événement littéral.
Quand le proche rêvé est déjà décédé
C'est un cas différent, que je traiterai un jour dans une fiche à part : rêver d'un proche déjà mort qui "revient" porte un tout autre poids, plus proche du deuil non résolu ou, pour certains, d'un besoin de message qu'on ne s'est pas encore autorisé à recevoir de sa propre part.
Un exemple qui m'a marquée
Une amie a rêvé, plusieurs nuits de suite, que son père mourait dans un accident absurde alors qu'il se portait très bien. Elle culpabilisait terriblement, se demandant si elle "appelait le malheur". En creusant un peu, elle a réalisé qu'elle venait de prendre un poste loin de chez lui et qu'elle culpabilisait, justement, de moins pouvoir être présente si quelque chose lui arrivait. Le rêve ne prédisait rien : il traduisait une culpabilité anticipée, très commune chez les enfants qui s'éloignent géographiquement de parents vieillissants.
Faut-il en parler à la personne concernée ?
Je pense que oui, dans une certaine mesure, pas pour lui raconter le rêve en détail et l'inquiéter, mais pour se permettre d'exprimer, éveillé, ce qu'on n'ose pas dire : la peur de la perdre, l'envie de passer plus de temps ensemble, les regrets qu'on n'a pas formulés. Le rêve, ici, joue peut-être son rôle le plus utile : celui de nous pousser vers une conversation qu'on repousse.
Pour clore, sans fausse promesse
Je ne crois pas aux rêves prémonitoires de ce genre, et je pense qu'il faut se méfier de quiconque prétend le contraire pour vous vendre une inquiétude supplémentaire. Ce rêve dit quelque chose sur votre attachement, pas sur l'avenir. C'est déjà beaucoup, et c'est largement suffisant.
Prenez soin de vos rêves.
— Olivier