Rêves

Être poursuivi en rêve : de quoi on essaie de s'échapper

Publié le 15 août 2023

On court, mais les jambes sont lourdes comme si on avançait dans du miel. La chose derrière nous, parfois floue, parfois un visage précis qu'on refuse de reconnaître au réveil, se rapproche sans qu'on comprenne pourquoi on n'arrive pas à accélérer. C'est un des rêves les plus physiquement inconfortables, et pourtant l'un des plus riches à décortiquer.

On fuit rarement une personne, souvent une situation

Dans la grande majorité des cas que j'ai pu recueillir, la personne poursuivie ne fuit pas vraiment quelqu'un de précis, même quand le poursuivant a un visage familier, mais une situation qu'elle évite dans la vie réelle : une conversation qu'elle repousse, une décision qu'elle ne veut pas prendre, une vérité qu'elle ne veut pas s'avouer. Le poursuivant est souvent le costume que prend cette évitement pour se rendre visible.

Ce qui compte, à mon avis, ce n'est pas tant qui nous poursuit que ce qu'on ressent : la terreur pure n'a pas le même sens que l'agacement, ou même une pointe d'excitation malgré la peur, qu'on retrouve chez certains dormeurs qui décrivent presque un jeu de cache-cache.

Le corps qui ne répond plus

Ce détail des jambes qui refusent d'avancer revient si souvent que je pense qu'il mérite sa propre lecture : c'est le sentiment d'impuissance qui s'exprime, plus que la fuite elle-même. On sait qu'il faudrait bouger, réagir, partir, et on n'y arrive pas, un peu comme dans la vie, parfois, face à une situation qu'on voit venir sans réussir à l'éviter à temps.

Un souvenir qui me revient souvent

Ma sœur a traversé, il y a quelques années, une période où elle rêvait presque chaque semaine qu'un homme sans visage la suivait dans les couloirs de son ancien lycée. Elle venait de démissionner d'un poste où elle se sentait constamment jugée, sans jamais réussir à s'en aller vraiment psychologiquement. Le rêve s'est arrêté quelques mois après son départ effectif. Coïncidence probable, mais une coïncidence qui donne à réfléchir.

Faut-il se retourner, dans le rêve ?

Certaines approches thérapeutiques du rêve encouragent, en pleine conscience onirique, à se retourner et affronter le poursuivant plutôt que de fuir indéfiniment. Je n'ai pas de compétence pour garantir que ça fonctionne à tous les coups, mais l'idée me plaît : ce qu'on regarde en face perd souvent un peu de sa force, même en rêve.

Sans certitude absolue, ce que j’en retiens

Je ne crois pas qu'il existe un poursuivant universel, valable pour tout le monde. Ce qui vous poursuit, vous, n'a probablement rien à voir avec ce qui poursuivait ma sœur. Mais la question à se poser au réveil reste souvent la même : qu'est-ce que j'évite, en ce moment, qui finira bien par me rattraper si je ne m'en occupe pas ?

Prenez soin de vos rêves.
— Olivier