Rêves

Rêver d'être en retard partout : la course qu'on ne rattrape jamais

Publié le 20 mars 2024

On court dans les couloirs d'une gare qu'on ne reconnaît pas, la montre affiche une heure impossible, et malgré tous les efforts, on arrive toujours une minute trop tard. Ce rêve d'urgence perpétuelle est l'un des plus stressants qui soient, et pourtant l'un des plus fréquents chez les gens que je lis depuis des années.

Le décalage comme sentiment de fond

Ce que je retiens de ce rêve, avant tout, c'est un sentiment de décalage : l'impression de ne jamais être exactement là où on devrait être, au bon moment. Cela touche souvent des personnes qui traversent une période de transition, un nouveau travail, un déménagement, une étape de vie où elles comparent leur rythme à celui des autres, avec l'angoisse de "prendre du retard" sur une trajectoire qu'elles jugent normale.

Le réveil qui ne sonne jamais à temps

Une variante classique consiste à rêver qu'on dort trop longtemps, que le réveil n'a pas sonné, ou qu'on ne parvient pas à se lever malgré l'urgence. Cette image traduit souvent une inertie plus profonde : une envie de ralentir que le mental refuse de s'accorder, un besoin de repos qu'on n'ose pas s'octroyer dans la vraie vie.

Les obstacles qui s'accumulent

Ce qui rend ce rêve si épuisant, c'est souvent la multiplication des obstacles absurdes : une valise qui s'ouvre, un chemin qui change sans cesse, des escaliers qui n'en finissent pas. Je pense que ce détail traduit une exaspération réelle face à une accumulation de contrariétés dans la vie éveillée, pas un seul problème, mais plusieurs qui se superposent et qui finissent par nous faire sentir dépassés.

Un exemple qui m'a été raconté

Une lectrice m'a écrit qu'elle rêvait, chaque nuit pendant plusieurs semaines, qu'elle ratait le train de son propre mariage. Elle n'était absolument pas en train de douter de son couple, mais elle traversait une organisation logistique éreintante, avec le sentiment permanent de courir après le temps. Le rêve a cessé le lendemain de la cérémonie elle-même.

Une lecture plus philosophique, à prendre ou à laisser

Je crois aussi, plus largement, que ce rêve touche à notre rapport collectif au temps, à cette pression sociale de "réussir à un certain âge", d'avoir coché certaines cases avant une échéance qu'on s'impose souvent soi-même. Je trouve cette pression absurde, personnellement, mais je reconnais qu'elle infuse énormément nos nuits, même chez celles et ceux qui prétendent ne pas y prêter attention le jour.

Ce que je retiens

Si ce rêve revient souvent, je pense qu'il vaut la peine de se demander non pas "en retard pour quoi", mais "en retard par rapport à qui", souvent, la réponse honnête est : par rapport à personne d'autre que soi-même.

Belle continuation, où que ce mot vous mène.
— Olivier